Luke
Luke
Soir frisquet qui pourtant ressemble au printemps, forcément : Luke répète dans un sous-sol de Pantin, et l’hibernation n’est pas son fort. Luke, c’est ce groupe qui a déboulé avec ardeur dans l’arène du rock français, il y a deux ans, avec un album intitulé La Vie presque, après un premier titre envoyé en éclaireur quelques mois plus tôt : Je n’éclaire que moi. (Pas que lui, en fait.) Les temps sont obscurs, voire obscurantistes, mais Luke la main chaude ( le nom du groupe est une accolade au Luke la main froide interprété il y a quelques décennies au cinéma par un Paul Newman encagé, enragé, dans un pénitencier) pratique une musique d’orage qui nettoie l’atmosphère.
Voilà Luke de retour, La tête en arrière pour mieux foncer. Le groupe a bougé : Stéphane Bouvier, le bassiste et Ludovic Morillon, le batteur, se consacrent désormais à leur propre groupe. « Ils tracent leur route, ils ont raison, c’est vachement bien ce qu’ils font », s’enflamme Thomas Boulard, la voix de Luke. La rythmique du groupe est composée désormais de Romain Vallion et de Damien Lefèvre (Eiffel). Même fougue. Fougue de scène pour tout le monde : le son très rock du nouvel album est le résultat naturel de la tournée, explique Thomas. Qui a vu Luke live ne s’étonnera pas de ce son tendu, tempêtueux, chevauchant de belles chimères binaires. « Est-ce que la fièvre/Est un délit d’opinion ? » demande la Sentinelle veillant sur ces nouvelles plages.
Deux désirs ont dicté la voie choisie : retrouver un naturel un peu perdu de vue, selon Thomas Boulard, dans la préparation du premier album. « Je travaillais tout le temps avec un ordinateur. Pour le deuxième, je l’ai éteint, j’ai acheté un dictaphone et j’ai tout enregistré comme ça, avec une guitare sèche. » ; retrouver, aussi, un lien avec des racines (bordelaises pour le chanteur - donc pas bien loin de l’Espagne), un passé énergisant, une culture partagée. « Vous ne parlez pas de nous, de vous », ont regretté un vieux pote du chanteur, et son grand-père, à propos de La vie presque. Thomas avait alors un chagrin d’amour à soigner. La tête en arrière ne parle pas d’amour, plutôt de fraternité batailleuse. Plus bio, plus roots, il aspire comme une éponge l’air du temps, les colères réveillées, les combats repris. « Notre univers, ce n’est pas les studios ouatés, mais les bars rock, les amplis, les planches. C’est ce qu’on aime, et ce qu’on aime entendre. » Ca tombe bien, nous aussi.

*Vous devez vous douter qu'encore une fois cette biographie n'est pas de moi ( la seule que j'ai faite étant il me semble celle des Mad Caddies) elle vient de la*
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